2002 - I.S. KAMWIRA : Etude de quelques aspects histophysiologiques du follicule ovarien et de l'hypophyse au cours du cycle sexuel du Black-bass (Micropterus salmoides salmoides L.) Poisson téléostéen

Publié le 16 juillet 2008 Mis à jour le 29 mars 2016

Ildephonse Soly KAMWIRA, 2002

Résumé :

Le Black-bass (Micropterus salmoides Lacepede) est un poisson téléostéen qui présente de fortes potentialités en aquaculture. La maîtrise de son cycle de reproduction permettra d'en améliorer l'élevage. Cette étude s'intéresse au cycle de reproduction d'une population de Black-bass femelles en élevage dans les Dombes, à 250 mètres d'altitude. Un échantillon issu de cette population ayant été monté en altitude (1100 m) servira de témoin. Les techniques histochimiques et immunocytochimiques ont permis d'étudier le cycle des follicules et des cellules hypophysaires de contrôle à partir d'août 1995 jusqu'à juin 1996, période qui a correspondu à un cycle sexuel. 

L'étude microscopique des follicules s'est essentiellement intéressée au développement du vitellus et à la variation du rapport gonadosomatique au cours du cycle sexuel. Trois différentes périodes significatives, associées aux fluctuations de la température, ont été observées. Trois différentes périodes significatives, associées aux fluctuations de la température ont été observées. L'automne et l'hiver correspondent globalement à la période de latence folliculaire. La quantité de vitellus reste stationnaire. Après l'hiver, si la température de l'eau monte au-delà de 17° C, le développement du vitellus est maximal. Les follicules atteignent rapidement la maturité complète aboutissant à la ponte.

Le rapport gonadosomatique augmente à mesure que la maturité des follicules se généralise au cours du cycle sexuel.
En altitude, les follicules n'atteignent pas vite leur maturité. Ils subissent une surmaturation et finalement une désintégration atrétique si les animaux sont maintenus très longtemps en haute altitude.

L'étude microscopique des cellules de contrôle endocrine s'est intéressée au cycle cellulaire des cellules gonadotropes et des cellules lactotropes. Les variations de leur surface, de leur quantité, du diamètre de leurs noyaux et de leur forme ont été étudiées. Leur répartition cartographique dans les différentes régions de l'hypophyse a été déterminée.
En automne-hiver, les cellules gonadotropes manifestent une latence métabolique mais leur nombre est élevé. Elles sont de petite taille. L'activité sécrétrice, évaluée par le nombre relatif des cellules longilignes décroît, le froid inhibant la synthèse de la gonadotropine. Dans le même temps, les cellules lactotropes évoluent en sens inverse. A la fois leur taille et leur nombre augmentent. A la période précédant directement la ponte, l'activité des cellules gonadotropes s'accroît, ce qui se traduit par l'augmentation de la taille des cellules, de celle du noyau et de l'activité sécrétrice. Le nombre de ces cellules diminue proportionnellement à leur taille. En revanche, les cellules lactotropes diminuent en nombre. Pendant la période de ponte ou juste après la ponte, l'activité des cellules gonadotropes est ralentie. A cette période les cellules lactotropes sont aussi en état de repos cellulaire. Leur nombre, leur taille et leur activité sécrétrice sont au minimum.

En conclusion :

- Le développement du vitellus et la maturité des follicules dépendent directement de l'activité sécrétrice des cellules gonadotropes.
- L'activité optimale des cellules gonadotropes a lieu en période de chaleur (température = ou >18°C). Ce qui implique que la maturation du vitellus et la ponte sont observés lorsque la température de l'eau se situe au-delà de 17°C.
- Tant que la gonadotropine est sécrétée en quantité optimale, la fonction de la prolactine n'est pas primordiale. Cette dernière pourrait intervenir dans des moments critiques du métabolisme des Poissons par exemple, en période de basses températures.