1995 - S. HRAOUI-BLOQUET: Nutrition embryonnaire et relations materno-foetales chez Typhlonectes compressicaudus (Duméril et Bibron, 1841) Amphibien Gymnophione vivipare

Publié le 16 juillet 2008 Mis à jour le 29 mars 2016

Souad HRAOUI-BLOQUET, 1995

Résumé :

Chez Typhlonectes compressicaudus, la fécondation se réalise dans la partie tubaire de l'oviducte, après sécrétion de la gangue muqueuse. La polyspermie physiologique est de règle. Le développement embryonnaire intra-utérin a été divisé en trois phases : embryonnaire (jusqu'au stade 25), foetale (stade 26 à 31), larvaire (stades 32-33).
La nutrition orale des foetus fait intervenir une dentition particulière qui se développe à la surface de la mandibule et qui régresse à la naissance. Cette dentition permet l'abrasion de la muqueuse utérine. Les cellules ainsi arrachées constituent une partie des aliments des foetus. La langue dont les glandes se développent au stade 28 et les bourgeons gustatifs apparaissent au stade 31, permet le maintien et la progression des aliments vers le pharynx.
La différenciation précoce du tube digestif permet l'absorption et la digestion des aliments. La membrane pharyngienne disparaît aux stades 26-27. Les glandes à mucus de l'oesophage se différencient au stade 30. L'épithélium gastrique est sécrétoire à partir du stade 26. Le développement des glandes gastriques et la mise en place de l'intestin définitif s'effectuent à partir du stade 30.
des échanges se réalisent au travers de l'ectotrophoblaste, structure éphémère recouvrant la vésicule vitelline, qui disparaît après la différenciation de l'intestin moyen. De nombreuses vésicules de pinocytose ont aussi été observées au niveau de cet organe.
Des branchies foliacées et vésiculeuses, persistant jusqu'à la naissance se développent au cours de l'ontogenèse. Elles enveloppent totalement les larves et sont appliquées étroitement à la paroi utérine, l'ensemble constituant un placenta au travers duquel se réalisent des échanges de substances dissoutes comme en témoigne la présence de nombreuses vésicules de pinocytose et l'abondance de microvillosités. L'utérus subit une évolution cyclique en relation avec l'ontogenèse.
Un aspect dynamique des échanges a été mis en évidence à l'aide d'une méthode histoautoradiographique à la suite de l'administration de thymidine tritiée à des femelles gestantes.
Chez cette espèce vivipare, le sérum maternel inhibe la réaction de rejet maternel et protège les embryons de la toxicité lymphocytaire maternelle.
Le développement intra-utérin de Typhlonectes compressicaudus représente un mode vivipare particulièrement complexe dont la phase terminale se caractérise par une forme originale de placentation. La viviparité de cette espèce, paraît lié au mode de vie aquatique ainsi qu'à la réduction de la quantité de vitellus de l'oeuf.