2007 - S. HAMMOUCHE : Variations saisonnières et régulation hormonale de la fonction ovarienne chez le lézard Uromastyx acanthinura Bell, 1825 : vitellogenèse

Thèse de Doctorat d'Etat algérien préparé partiellement au laboratoire

Publié le 7 octobre 2008 Mis à jour le 29 mars 2016
Sadjia HAMMOUCHE, 2007


Résumé:

Vu l'importance des facteurs endocriniens dans la régulation de la vitellogenèse et de la réceptivité, il a paru intéressant de déterminer le profil stéroïdien et -endorphinique de l'ovaire et de suivre l'évolution physiologique des cellules gonadotropes et des neurones à GnRH, des neurones exprimant le RE (récepteur des oestrogènes), le RP (récepteur de la progestérone) et l'un des neurotransmetteurs impliqués dans la reproduction, la -endorphine, dans l'hypothalamus chez un lézard déserticole, Uromastyx acanthinura. La visualisation de ces éléments est une étape fondamentale pour la compréhension de la régulation de la fonction femelle.

L'ovaire manifeste une activité hormonale importante en période de vitellogenèse avec une contribution potentielle des follicules prévitellogéniques pour la production d'oestradiol nécessaire à la synthèse hépatique de la vitellogénine. Les cellules piriformes dont le rôle nourricier est unanimement reconnu sont le siège de cette biosynthèse. L'oestradiol exerce une action autocrine et paracrine évidente dans ces follicules via le RE . La présence prédominante de la progestérone dans les follicules vitellogéniques est un signe de maturation. La période de post-reproduction est accompagnée d'une synthèse d'oestradiol réduite dans les follicules prévitellogéniques mais l'activité germinale et la prolifération cellulaires sont accrues. L'apparition de progestérone dans ces follicules serait en partie responsable de l'altération stéroïdogène. L'hibernation correspond à une quiescence morphologique et à une répression sécrétoire et hormonale complètes. La présence considérable de la -endorphine parallèlement à une activité hormonale nulle durant l'anoestrus saisonnier et non saisonnier l'impliquerait dans le contrôle de la stéroïdogenèse. La -endorphine agirait comme un facteur local pour réduire la synthèse d'oestradiol en période de post-reproduction et l'inhiber totalement en anoestrus.

Au niveau hypophysaire, les cellules à FSH sont affectées différemment par l'état physiologique. Durant la vitellogenèse, l'expression de la FSH est parallèle à la forte activité de synthèse qui est considérablement altérée en période d'hibernation. Les paramètres ultrastructuraux variables sont intéressants et peuvent être incorporés en un modèle électif d'étude des mécanismes de synthèse et de sécrétion de la FSH (période de vitellogenèse), stockage et crinophagie (en période de repos sexuel). L'identification de la FSH par immunolocalisation en microscopie photonique et électronique permet d'établir des corrélations fonctionnelles entre l'activité ovarienne et gonadotropes. En effet, la synthèse et la sécrétion de FSH notées en période de vitellogenèse permettent la libération de l'oestradiol nécessaire à l'activation hépatique. Le maintien de la FSH en post-reproduction favorisant la prolifération germinale et folliculaire permet à un nouveau cycle de s'amorcer.

Au niveau hypothalamique, des fluctuations saisonnières opposées au système GnRH et du système -endorphinique sont notées chez Uromastyx acanthinura. Cette corrélation négative constitue un argument supplémentaire en faveur du contrôle inhibiteur opioïde sur l'activité des neurones à GnRH. Une corrélation positive entre l'élévation dela sensibilité de l'hypothalamus à la progestérone et l'expression de la -endorphine est constatée. Ce résultat permet de suggérer l'implication de la progestérone dans la modulation de l'effet inhibiteur de la -endorphine sur les neurones à GnRH. L'effet de la progestérone passe par l'intermédiaire de plusieurs types neuronaux car seulement 22,60% expriment la -endorphine parmi toute la population RP de l'aire préoptique. L'expression du RE est absente quelle que soit la période du cycle reproducteur. La relation entre la réceptivité sexuelle et le RE hypothalamique ne peut cependant être déduite.