Publié le 3 décembre 2019 Mis à jour le 3 décembre 2019
Date(s)

le 9 décembre 2019

Lundi 9 décembre 2019
10h00
Ajouter à mon agenda 09-12-2019 09-12-2019 40 Soutenance de l’Habilitation à Diriger les Recherches (HDR) de Mme Elara Moudilou Amphithéâtre J. Barrot, Université Catholique de Lyon, 10 place des Archives 69002 Lyon
Lieu(x)

Campus Saint-Paul

Amphithéâtre J. Barrot, Université Catholique de Lyon, 10 place des Archives 69002 Lyon

Résumé des travaux présentés par Elara Moudilou pour obtenir le diplôme d’Habilitation à Diriger les Recherches (HDR)

L’ensemble du travail présenté a été réalisé au sein du Laboratoire de Biologie Générale de l’Université Catholique de Lyon, un laboratoire reconnu pour son expertise en herpétologie, histologie et pour ses collaborations internationales. Le travail présenté ici a débuté en 2006, au cours de la préparation de ma thèse, par l’étude du développement embryonnaire d’un modèle amphibien : Xenopus laevis. L’étude portait sur le rôle des calpaïnes, des enzymes sensibles au calcium, impliquées dans le développement embryonnaire et l’apoptose, et sur leurs interactions avec les récepteurs ionotropiques du glutamate, des récepteurs membranaires ubiquistes permettant l’entrée de calcium dans la cellule. Cette étude a principalement permis de mettre en évidence la localisation et l’expression des calpaïnes majoritaires au cours du développement de Xenopus laevis et de montrer qu’un traitement au glutamate de 6 heures pouvait entraîner des apoptoses sur un nombre important d’organes, autres que le système nerveux central, chez le têtard en phase de croissance. Il a également été démontré que la voie des calpaïnes n'était pas la voie de l'apoptose privilégiée lors de ce traitement.

Après l’obtention du doctorat, parmi les travaux qui m’étaient confiés, j’ai co-encadré une thèse portant sur les relations entre la régulation hydrominérale et le cycle de reproduction de Typhlonectes compressicauda, un amphibien serpentiforme guyanais, vivant dans un climat tropical caractérisé par une saison des pluies et une saison sèche. Certains animaux avaient été élevés au laboratoire et les femelles d’élevage présentaient alors une perturbation de leurs cycles sexuels par manque d’assèchement du milieu. Cette nouvelle étude a permis de montrer, pour la première fois, l’implication de deux hormones intervenant à la fois dans le métabolisme hydrominérale et la reproduction, l’arginine-vasotocine (AVT) et de la mésotocine (MST) dans la régulation hydrominérale de Typhlonectes compressicauda. De plus, l’examen des organes génitaux a montré des différences importantes non seulement entre mâles et femelles prélevés en milieu naturel, mais aussi entre les femelles prélevées dans le milieu naturel et les femelles d’élevage. Il semble donc que ces hormones établissent un lien entre la balance hydrominérale et le cycle de reproduction chez Typhlonectes compressicauda. Pour avoir une vue d’ensemble et compléter l’étude, les interactions entre le fœtus et la femelle gestante (pseudo-placentation) seront prochainement approfondies.

Outre ces travaux, j’ai été impliquée dans de nombreuses collaborations avec des universités algériennes pour des travaux portant sur la biologie de la reproduction de vertébrés des zones arides et avec un organisme de recherche norvégien sur les effets toxiques des nanoparticules chez les vers de terre.

            Le dernier projet, impulsé par mes soins et dont je suis responsable, fait suite à une collaboration avec l’équipe du Pr Benazzoug de l’Université des Sciences et de la Technologie Houari Boumédiène d’Alger, qui travaille sur les conséquences de l’augmentation de la concentration sanguine de l’homocystéine, un acide aminé produit à partir de la méthionine apportée par l’alimentation. Dans le testicule de rat, un traitement à 200 mg/kg de poids corporel/jour durant 6 mois, induit chez certains animaux une perturbation de la spermatogenèse. L’utilisation du modèle de spermatogenèse ex-vivo du Dr Philippe Durand (Kallistem) a été proposée pour tester plus directement la toxicité de l’homocystéine sur les cellules germinales. L’étude sera également menée en parallèle sur des organes d’animaux traités à l’homocystéine. Le projet est de déposer à partir de cette étude la demande d’un accord programme entre la France et l’Algérie, de réaliser des demandes de financements pour finaliser l’étude et de développer d’autres projets scientifiques ou pédagogiques, tout en permettant à des étudiants de se former et d’évoluer dans leurs vies professionnelles.